Quelques disciplines traditionnelles japonaises

Les arts martiaux japonais

Le monde des arts martiaux japonais est très vaste. Au delà de nos entraînements hebdomadaires à Perpignan, nous vous proposons ici un rapide aperçu d'autres techniques courantes japonaises utilisant les armes afin de vous permettre d'apprécier les différences entre chaque disciplines.

Traditionnellement, les samouraïs étudiaient tout un corpus dans l'école du clan ou selon leurs traditions familiales, les kobudo. Afin de respecter l'individualité de chaque tradition les japonais ont choisi de scinder ce corpus hétéroclite en disciplines spécifiques durant les 19e et 20e siècle. Afin, d'aider les néophytes à se repérer je vous propose quelques définitions des disciplines principales du budo japonais.

 

 

le kenjutsu

OnohaititouryuCette discipline enseigne l'escrime sabre contre sabre. Certains katas peuvent aussi opposer des sabres courts ou même deux sabres au katana. Les deux adversaires se font face, lame au clair. C'est l'art du duel au katana par excellence. Ainsi cette discipline est le pendant japonais de l'escrime médiévale et de l'épée des chevaliers. Son enseignement est dispensé dans des "écoles anciennes", ou koryu. L'entraînement se fait le plus souvent avec des bokken, sabre de bois, ou des fukuro shinai (bambous fendus dans une gaine de cuir). Certaines écoles utilisent parfois des protections spécifiques. L'apprentissage se fait, comme souvent, au moyen de kata. Ces derniers sont des scénarios de combats dont l'étude appronfondie permet l'acquisition de techniques, de tactiques, de distance et de rythmes particuliers. L'ensemble de ces kata est organisé en séries plus ou moins nombreuses selon un ordre global. Par exemple, niveau superficiel (shoden), niveau intermédiaire (chuden), et niveau profond (okuden). 

le kendo

KendomatchLe kendo est l'héritier sportif du kenjutsu. Il se pratique en armure avec un sabre fait de lames de bambou. Les combattants disposent de quatre zones de touche protégées par l'armure: le men (coups à la tête), les kote (coups aux poignets),  le do (coups aux flancs), le tsuki (estoc à la gorge). pour qu'un point soit jugé valable, il doit comporter plusieurs éléments, une attitude correcte, la coupe sur une des zones de l'armure précité, correspondant au kiai (cri) énoncé par le combattant. Ce kiai permet à l'arbitre de vérifier que l'intention était bien de frapper la cible touchée. Enfin la frappe du pied avant au moment de l'impact marque l'explosivité et l'engagement total du corps du combattant. C'est la discipline idéale pour ceux qui veulent se frotter à la compétition.

Le kendo comporte par ailleurs une série de kata au sabre long et au sabre court. 

le naginata, le fauchard ou hallebarde

Naginata suneComme le kenjutsu, le naginata jutsu est enseigné dans de nombreuses écoles anciennes. Cette arme se compose d'une longue hampe armée d'une lame de sabre. Elle est en bois pour les kata et pour le combat, cette arme est remplacée par une autre dotée d'une lame de bambou. Au talon de l'arme se trouve une pièce l'ishizuki, permettant de protéger le bout du manche de l'abrasion du sol et ayant aussi un rôle offensif dans le combat. L'entraînement se pratique sous forme de kata.

L'atarashii naginata (littéralement "nouveau naginata") est le pendant moderne du naginata jutsu. il se pratique sous la forme d'assaut (shiai) comme en kendo. Mais l'armure de naginata comprend une partie en plus: des sune, protège-tibia puisque que les jambes peuvent être une cible grâce à la longueur de l'arme. Ici aussi la compétition est très présente. Il est même possible de voir des combats kendo contre naginata.

Ce type d'arme est connu sur à peu près toute la planète et on en retrouve des variantes un peu partout qu'il s'agisse de nos hallebardes et fauchards médiévaux, du kwan dao du kung fu wushu ou du viet vo dao.  

Le ninjutsu

Fujita Seiko en tenue traditionnelle d'infiltration.On oppose très souvent les célèbres ninja aux samouraïs. Cependant la réalité historique est comme souvent beaucoup plus floue. Les pratiquants de ninjutsu, aussi nommé ninpo, était spécialisés dans le renseignement, l'infiltration et les techniques de combat commando des clans féodaux du Japon. Ainsi si le statut social d'une école de ninjutsu était paysan, ils n'en restaient pas moins très proche du pouvoir central du clan.


De manière assez surprenante certains auteurs notent une parenté entre le iaido et le ninjutsu. En effet, le iaido était enseigné comme une technique de dernier recours et à ce titre n'était jamais démontré publiquement. De plus autrefois, quand on était noble on défiait son adversaire de manière officielle. La possibilité de vaincre son adversaire sans passer par ce rituel était considérée déloyale, tout comme le ninjutsu. À l'évidence l'efficacité du iaido l'a emporté sur les considérations éthiques de l'époque... Enfin certains kata de Muso Shinden Ryu font terriblement penser aux techniques de combat à l'affût du ninpo.


Aujourd'hui cet enseignement survit en partie dans un art martial qui enseigne à la fois des techniques à mains nues et des armes. Les techniques de fabrication d'explosifs ou de poison elles ont étaient reléguées aux musées ou sont tombés dans l'oubli.

le bojutsu, le bâton long

Image41Voici une arme que l'on trouve absolument partout sur la planète. Les arts plus connus sont enseignés dans le karaté do (parmi les kobudo d'okinawa), dans le kung fu wushu, le viet vo dao, et bien sûr les koryu japonais entre autres... le bojutsu, l'art du bâton long, est omniprésent dans les arts martiaux du fait de sa simplicité de fabrication et d'entretien, de la philosophie dont il est le symbole (arme non létale du paysan, du moine ou des forces de l'ordre). Il mesure en générale au moins 1.5m est peut-être taillé dans des essences diverses pour avoir des qualités de résistance et de souplesse spécifiques. Le diamètre du bâton long et sa forme varient selon les écoles. Par exemple le bo du karaté est plus fin à ses extrémités qu'en son centre.

Le kobudo d'Okinawa

Akamineeisuke4Le kobudo d'Okinawa est enseigné parallèlement au Karaté Do traditionnel. Kobudo signifie "voie martiale ancienne". Ce terme désigne ici les techniques utilisées notamment par les paysans des îles Ryukyu (autre nom d'Okinawa) et les guerriers qui les défendaient. La plupart des armes utilisées sont originales ou n'ont que peu à voir avec les armes que l'ont trouve dans les îles principales du Japon. Nombre de ces armes sont en effet dérivées d'outils agraires, de navigation etc en vue de se défendre d'envahisseurs, de pillards et autres pirates. 

A contrario, les kobudo japonais regroupent des techniques destinées presqu'exclusivement aux membres de la classe guerrière des bushi. 

 

l'aikijo et l'aikiken, les armes de l'aikido

SaitoCes techniques sont les plus connues et les plus pratiquées en France. Ils sont pratiqués sous la forme de kata et de techniques à deux de désarmement, de projections, de prises... Elles sont associés à la pratique de l'aikido et utilisent les mêmes armes que celles que nous utilisons en jodo, ou en iaido: un bâton de 1.28m (le jo) et un sabre de bois (le bokken). Cependant, il existe des différences majeures entre ces disciplines. l'aïki jo comme l'aïki ken sont avant tout destinés à étudier les techniques et principes de l'aïkido dans un autre contexte de distance (maai). Par ailleurs, l'objectif de l'aikido n'est pas de frapper ou de couper un adversaire, même avec une arme. Il réside dans le fait d'amener l'ennemi au sol par une chute ou une clé afin de le soumettre. En iaido, en jodo, ou en battodo l'objectif est de toucher la cible dans le but, symboliquement parlant, de la détruire! ou tout au moins de la sonner pour la maîtriser dans le cas du jodo. La proximité matérielle des disciplines fait que certains aïkidoka se tournent vers le jodo et le iaïdo pour approfondir leur expérience des armes japonaises mais ils ne doivent surtout pas confondre les techniques ni espérer que des "passerelles" leur facilitent le travail sinon ils s'exposeront à des déceptions. Les déplacements, le placement du corps, l'utilisation des armes étant très différents on ne peut espérer trouver des comparaisons facile entre les disciplines.

 

 

 

Chaque discipline nous fait découvrir des trésors de techniques, respectons leur identité propre afin de pouvoir véritablement les maîtriser. Les écoles anciennes peuvent avoir plusieurs siècles d'existence. Quel que soit leur pays d'origine, quand nous les pratiquons nous sommes garants d'un héritage culturel à préserver et à transmettre. Les écoles plus modernes de leur côté développent une méthode prenant en compte les connaissances en biomécanique et en biologie moderne; peut être plus adapté dans leur pédagogie à notre monde. Nos cours à Perpignan développent la pratique du sabre et du jo. Mais nous regardons les autres disciplines avec respect et bienveillance car nous savons l'exigence et le temps que réclament cet entraînement.


Alors quelle que soit votre art, Bonne pratique!!

Ajouter un commentaire

 
×